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Normes et principes et droits fondamentaux au travail
(Turin)
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Normes et principes et droits fondamentaux au travail
(Geneva)


26 - 30 mars 2007
Turin (Italie)
CODE A100941
Contexte

Généralités

Dans le monde du travail, l’égalité entre hommes et femmes est considérée essentielle en vue d’atteindre les objectifs d’un développement global et durable et d’une réduction de la pauvreté, tels qu’énoncés dans les objectifs du Millénaire. L’OIT prône l’égalité entre hommes et femmes, non seulement en tant que droit de l’homme élémentaire, mais aussi en tant que droit intrinsèque aux objectifs du travail décent et de réduction de la pauvreté et en tant qu’instrument pour une mondialisation plus juste.

Le gouvernement danois reconnaît le rôle central de l’égalité entre hommes et femmes en vue d’atteindre un développement social et économique plus durable. A cette fin, ce gouvernement a exprimé son intention d’intégrer les considérations de genre dans toutes les initiatives conduites dans le cadre de l’accord de coopération conclu entre le BIT et le Danemark (ILO/DCA) pour 2006-2007. Le Bureau pour l’égalité entre hommes et femmes, en coopération étroite avec les autres unités techniques pertinentes, joue dès lors un rôle central dans la mise en application de cette décision.

L’éradication du travail et de la traite des enfants est un des domaines prioritaires de l’accord ILO/DCA. La lutte contre la traite des enfants et la promotion de l’égalité entre hommes et femmes est au cœur des droits fondamentaux de l’homme ainsi que des droits des travailleurs tant dans leur vie quotidienne que sur le lieu de travail. Le présent cours de formation vise donc à renforcer les capacités du personnel BIT et de partenaires institutionnels du projet LUTRENA1 oeuvrant à la lutte contre le travail et la traite des enfants en Afrique de l’Ouest et du Centre, en vue d’une meilleure intégration des considérations de genre et d’égalité entre hommes et femmes.

Traite des enfants au niveau global

La traite des personnes à des fins d’exploitation de leur travail est le commerce d'enfants, de femmes et d’hommes en vue de tirer des bénéfices de leur travail. En 2002, des estimations indiquaient que 8,4 millions de filles et de garçons étaient soumis aux pires formes de travail des enfants intrinsèquement condamnables, dont 1,2 millions étaient des victimes de la traite2. Les enfants ainsi victimes se trouvent dans des situations de travail forcé et de servitude pour dettes, de mendicité organisée, de travail dans des plantations ou victimes d’exploitation sexuelle commerciale, plus particulièrement des filles pour cette dernière catégorie. Les garçons quant à eux sont principalement victimes de traite à des fins d’exploitation dans les plantations mais aussi peuvent l’être dans le cadre de conflits armés. Souvent, les filles et les garçons sont victimes de traite vers de pires formes du travail des enfants à travers la menace de recours ou le recours à la force ou à d’autres formes de contrainte, par enlèvement, fraude, tromperie, abus d’autorité ou d’une situation de vulnérabilité. La séparation de leur famille et de leur communauté ainsi que leur isolement dans une autre région ou pays (où ils se trouvent souvent dans une situation d’illégalité ou dont ils ne parlent pas la langue) les rendent encore plus vulnérables à une exploitation aggravée par des employeurs sans scrupules.

Traite des enfants en Afrique de l’Ouest et du Centre

La traite des enfants en Afrique de l’Ouest de du Centre se manifeste par des formes multiples, dans un contexte dans lequel une multitude de familles dans le milieu rural manquent d‘alternatives minimales de vie. Des jeunes en quête d’opportunités économiques sont forcés à la migration temporaire ou permanente vers les grands centres urbains. Très souvent, ceci se traduit par des mouvements à l’intérieur des pays mais aussi de part et d’autre des frontières, dont un nombre considérable est de nature irrégulière, ce qui met les jeunes dans une situation de risque accru de devenir victimes de traite et de se retrouver en situation d’exploitation. L'Union Africaine, dans une position commune sur la migration et le développement, signale que, dans ce contexte, des changements dans l’âge des flux migratoires sont mis en relief par un nombre croissant d’enfants et jeunes qui migrent de façon indépendante de leurs parents. La traite des enfants représente un défi particulier qui doit être abordé et combattu. Les enfants nés dans le cadre de la migration doivent également recevoir une attention particulière3.

De plus en plus, la tradition africaine de placer les enfants – au sein de la famille élargie ou chez des personnes soi-disant prenant soin de ces derniers – est largement détournée à des fins de profits économiques, rendant dans des nombreux cas ces enfants victimes de la traite. Il s’agit toujours de situations qui requièrent des réponses ciblées.

En s’attaquant au fléau de la traite des enfants, il est crucial de s’intéresser aux facteurs de risque qui rendent les enfants vulnérables à la traite, tant à la source, souvent dans les zones rurales, que dans les zones de destination (le plus souvent les zones urbaines). Il est aussi important d’offrir des opportunités réelles de développement tant aux enfants à haut risque comme qu’aux victimes elles-mêmes. Il est également nécessaire de s’assurer la pleine application des textes de loi, y compris l’application effective des sanctions prévues.

Genre et traite des enfants

Une meilleure compréhension des questions de genre est essentielle lors de l’adoption de stratégies effectives s’attaquant à certaines des causes profondes de la traite d’enfants. Les niveaux d’accès à des services de base tels que la santé, l’éducation et l’emploi tendent à être différents entre les garçons et les filles et ont donc un impact évident sur les chances de ces derniers sur le marché du travail, sur leur conduite lors de la migration ainsi que sur leur niveau de risque et de vulnérabilité vis-à-vis de la traite. Des formes multiples de discrimination et d’inégalité, tant dans les zones d’origine que de destination, sont profondément enracinées et empêchent les filles et les jeunes femmes de prendre le contrôle de leur propres vies. Les parents ont tendance à avoir des attentes différentes envers les filles et les garçons. Les enfants, depuis leur plus jeune âge, sont socialisés de façon à intégrer les rôles associés de leurs parents; par exemple, on attend des garçons qu’ils imitent leur père et des filles qu’elles fassent de même par rapport à leur mère. Les discriminations liées au genre, sous couvert des traditions ou de la religion, peuvent empêcher les filles d’avoir accès à l’éducation et à la formation professionnelle en les poussant vers le mariage précoce. Cela a pour conséquence le fait que les filles quittent leur communauté en quête d’un emploi qui leur permette de gagner assez pour acheter leur trousseau de mariage. La forte prévalence de rôles prédéfinis par le genre est un facteur clé pour déterminer le secteur d’activité des filles et des garçons. Ces derniers tendent à travailler dans le secteur minier (Côte d’Ivoire, Mali et Niger) et le secteur agricole (Bénin, Côte d’Ivoire, Cameroun, Guinée et Nigeria), dans des activités de services (portage ou autre) ou dans la pêche (Ghana), tandis que les filles tendent à travailler principalement comme domestiques ou aides familiales, dans la vente de nourriture (Côte d’Ivoire, Gabon, Mali) et dans les restaurants. Ces rôles assignés par la société prédisposent les filles à travailler dans des secteurs à la lisière de la loi (par exemple le travail domestique, la restauration et les bars) où le risque d’une exploitation accrue, y compris l’exploitation sexuelle, est plus significatif, en particulier pour celles qui n’ont pas un statut juridique. Ces facteurs montrent clairement la nécessité d’une réponse contre la traite des enfants, qui prennent pleinement en compte les considérations relatives au genre.

La présente formation vise à donner une vision d’ensemble des stratégies de lutte contre le travail et de la traite des enfants en prenant en compte l’approche «genre». Elle permettra de connaître des outils permettant d’atteindre les filles et les garçons; et de relever les contraintes spécifiques rencontrées par les filles et jeunes femmes soumises à la traite et au travail ou à haut risque d’en devenir victime. Cette formation prétend renforcer le rôle du personnel et des partenaires du projet LUTRENA en vue de lutter contre le travail et la traite des enfants d’une façon plus sensible aux considérations de genre. La formation permettra aussi d’offrir des outils de base pour la promotion des droits des enfants et des femmes ainsi que des droits et principes fondamentaux au travail.

1 Le Projet LUTRENA est un projet mis en œuvre par le Programme international pour l’abolition du travail des enfants (IPEC) du BIT. Le projet étend ses opérations sur 12 pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre en proposant une assistance technique aux gouvernements et aux partenaires sociaux, ainsi qu’une assistance directe intégrale aux enfants victimes de traite ou une prévention aux enfants susceptibles de le devenir dans des communautés ciblées.
2 Every child counts, ILO (2002).
3 Union Africaine, Conseil Exécutif, 9ème session (Banjul, Gambie, juin 2006).

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